Publié le 04.11.2020

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  • - Les vainqueurs de l'ombre -

    Edouard Kessi : Le BOM est une plateforme de démonstration des nouvelles technologies

    Edouard Kessi et son dernier développement, Inflated Wind Sails  © DR

    Navigateur, innovateur, dessinateur, entrepreneur… Edouard Kessi a notamment inventé et breveté la technologie de voiles 3Di. Avec ses nombreuses casquettes, il porte à merveille celle de personnalité lémanique incontournable. Il ne compte plus les victoires par classe au Bol mais se souvient bien des trois fois où il l’a remporté en temps réel. Deux d’entre elles l’ont spécialement marqué. « Celle de 1994, où nous avons établi le record de vitesse avec Triga IV (qui n’a toujours pas été battu!) et ma première victoire avec Le Matin », se souvient Edouard. « J’ai quitté l’hôpital la veille au soir, où j’étais depuis une semaine pour une blessure sérieuse à la tête lors d’un chavirage. Une victoire d’autant plus belle que nous avions réussi à passer le Bouveret devant Dennis Conner et son catamaran révolutionnaire Stars and Stripes, avec lequel il venait de remporter l’America’s Cup (ils étaient hors course, le voilier étant trop grand par rapport à la jauge lémanique). Il s’était perdu à Villeneuve ! »


    Kessi est bien placé pour parler de l’évolution de la course. « Le Bol a toujours été une plateforme de démonstration de nouvelles technologies pour le monde entier. Le lac Léman regorge d’investisseurs et de passionnés de voile, qui soutiennent les nouvelles technologies. C’est pour cette raison que le Bol d'Or Mirabaud est suivi à l’international ! Certaines courses ont beaucoup plus de participants, mais ici, l’évolution technologique est démontrée et présentée par des nouveaux prototypes chaque année. C’est un plan d’eau fermé qui permet de s’aventurer dans des excès qu’on n'aurait pas osé ailleurs. Plusieurs designers, coureurs et architectes viennent pour voir ce qui se fait. C’est un show-room des évolutions technologiques, année après année. Tous viennent s’inspirer chez nous ! A l’image de Joe Richards, dessinateur des magnifiques RS, qui venait chaque année s’inspirer de ce qui est développé ici. Nous avons beaucoup de chance ! »

    Edouard rappelle certaines des nombreuses nouveautés présentées dans le cadre du Bol :

    Monocoques super-légers
    Multicoques novateurs 
    Mâts-ailes 
    Utilisation des Gennakers et des mâts inclinables (tous deux développés par Kessi).
    Utilisation de matériaux légers comme le carbone

    «  Outre la technologie, le BOM reste une manifestation populaire. Il arrive à mélanger l’élite aux populaires. C’est aussi stimulant qu’intéressant ! Beaucoup de courses différencient les deux catégories, alors qu’ici c’est une seule et grande fête. »

    Quant au futur de la voile lémanique, Edouard l’imagine tracté par des kites. « En 1989, lors de ma première victoire, un journaliste m’a demandé comment je voyais l’évolution du Bol. Je lui ai répondu que les futurs vainqueurs seront des bateaux à foils tractés par des gréements volants (des kites). Je le pense toujours ! Nous maîtrisons maintenant le foil mais le système volant a pris du retard. Mais ça va venir, à la vitesse où nous développons nos supports, dans dix ans nous naviguerons avec des gréements volants ! »

    - Personnalités -

    Montandon - une histoire de famille !

    © Marc Fries

    Les bénévoles sont chaque année près de 200 à travailler pour le Bol d'Or Mirabaud. On ne les remerciera jamais assez! Parmi eux, certains sont des piliers, fidèles au poste à chaque édition. Jean-Luc Montandon est responsable de la logistique à terre et il fait chaque année le déplacement depuis Villeneuve. « Je m’occupe de toute l’infrastructure à terre, de la mise en place des arrivées... Je suis responsable de la synchronisation du départ avec le coup de canon… Je suis la tête de course après le départ avec des photographes et des journalistes, puis je retourne sur l’eau pour l’accueil des arrivées. J’organise également tout ce qui se passe à terre pendant la nuit. » 

    Et tout cela depuis onze ans ! « Cela a commencé à l’époque où Michel Glaus présidait la régate et m’a demandé de venir. J’ai accepté, par sympathie, et cela s’est très bien passé. Il m’a pris sous son aile. Je suis un des seuls au sein du Comité à avoir une vision d’ensemble, à tous les moments de la manifestation ! L’histoire continue maintenant avec Rodolphe Gautier, l’actuel président. Avec la même philosophie et le même plaisir ! Le comité peut compter sur moi, j’aime me rendre utile dans une période limitée par rapport à un événement, ou un club qui m’intéresse ! »

    Le souriant navigateur du Haut-Lac a également vu le BOM évoluer ces dernières années. « Nous avons souvent mis en avant les têtes de séries. Certes, ce sont eux qui intéressent les médias, mais ce qui fait vraiment le BOM, ce sont les gens du Lac. Nous en avons pris conscience depuis quelques années, et donnons plus de visibilité à ces navigateurs du lac, Madame et Monsieur tout le monde. Parler d’eux, les mettre en avant, prendre en compte tous les participants. Cela redonne l’image que le Bol avait à l’époque. »

    Le BOM a pris de l’envergure ces dernières années, ce qui engendre de nouvelles responsabilités. A l’image de la tempête survenue en 2019. « J’ai le sentiment que nous avons plus de responsabilités que par le passé. Ce n’est plus la petite course où chacun se débrouille, mais une manifestation plus grosse, où le Comité a plus de responsabilité. La régate a pris une autre dimension. »

    Jean-Luc n’est pas le seul de la famille à officier comme bénévole chaque année. Son fils Bryan est responsable de la barge du Bouveret depuis cette année. « Mon fils, qui navigue également, voulait donner un coup de main à la régate. Comme moi ! Nous habitons Villeneuve, c’était assez logique qu’il soit en charge de la marque du Bouveret. Il a ramené des jeunes du Haut-Lac pour composer une nouvelle équipe, ça dynamise beaucoup ! Il a ainsi rajeuni l’équipe, mais aussi apporté des idées novatrices pour rendre plus festif le passage des concurrents. C’est très positif que la jeunesse s’implique ! » 

    - Histoire -

    Sponsoring: une histoire mouvementée

    Jusqu’au début des années 80, le mot sponsoring était considéré comme vulgaire au sein de la SNG. Une emprise du monde économique intolérable dans l’antre d’un club prestigieux.

    En 1981, Tri Honda est le premier voilier sponsorisé du Léman; il est aussi le premier a être mis à l’eau par hélicoptère, ce qui fait sensation. Le nom du bateau, scandaleux, donne lieu à de très nombreux courriers, des pétitions et d’innombrables discussions de bar et de salles de Comités. 

    Les équipiers mettent de l’huile sur le feu en rebaptisant le trimaran Tri-Onda, sans le H. La tension monte. Surnommé « L’innommable », il est finalement exclu du Bol d’Or ainsi que de toutes les régates de la SNG. 


    Philippe Divorne, Président du club de 1978 à 1984, crée alors le Comité du Bol d’Or et initie sa mutation vers un événement organisé de façon toujours plus professionnelle. C’est aussi à cette époque que l’organisation de la manifestation est déléguée par le club au Cercle de la Voile. 

    Il faudra attendre vingt ans pour que tous les grands multicoques du Léman soient mis à l’eau par hélicoptère, dans l’admiration quasi générale, et que l’on trouve des publicités sur les voiles et les coques de nombreux voiliers de course ainsi que dans les coursives du club.

    Successivement financé par deux banques et un horloger - Crédit Suisse, la Banque Edouard Constant et Rolex - le Bol d’Or porte depuis 2007 les couleurs – et le nom – de la banque Mirabaud. Un partenariat qui s’est construit et renforcé au fil des ans, et qui a très nettement contribué à la professionnalisation de l’organisation et à la mutation de la course vers une grande fête du lac!  

    - Partenaires -

    Gunboat accompagne le BOM depuis 2018

    Vous avez sans doute déjà rêvé d’une croisière sur un magnifique voilier. Gunboat réalise les rêves de ses clients en construisant de magnifiques voiliers, alliant performance, confort et luxe. Basé à la Grande Motte, Gunboat est partenaire du Bol d'Or Mirabaud depuis 2018. Pourquoi ? « Parce que la Suisse est un pays de grands navigateurs », répond son directeur Benoit Lebizay. « Le type de bateaux que nous proposons correspond parfaitement à une certaine tranche de participants du BOM, il était donc logique pour nous de venir chaque année sur cette course. L’objectif premier est de rencontrer du monde, et il est atteint ! Lors des deux éditions où nous avons eu la chance de venir, nous avons eu un énorme plaisir à rencontrer des passionnés. Avoir un stand à la Nautique le week-end du BOM crée de belles rencontres et écrit des histoires ! C’est extraordinaire de pouvoir assister à cette course, nous nous réjouissons de 2021. »


     Créer le catamaran le plus rapide et le plus confortable jamais construit, tel sera l'objectif du chantier Gunboat en 2021. Construction high-tech sans concession, design innovant et intérieurs luxueux marquent les esprits. L’expérience acquise sur sept modèles différents nous pousse à continuer d’innover et de progresser sur ce segment du catamaran de luxe performance que Gunboat a créé.  

    - Bateaux -

    Un nouveau prétendant au Bol de Vermeil 2021

    © Team QFX/Vincent Gillioz

    Les nouveaux catamarans volants lémaniques TF35 ont pris beaucoup de place cette année, mais les monocoques aussi ont leur petit nouveau à la pointe de la technologie. Le QFX, développé par l’ingénieur Thomas Jundt, pourrait bien voler la vedette aux autres monocoques lors du prochain Bol d’Or Mirabaud. 

    Mis à l’eau ce printemps, il n’a pas encore pu se mesurer à ses concurrents, faute de régates en cette année compliquée. D’ici-là, nous vous invitons à découvrir le QFX dans un excellent article du journal Le Temps, signé Vincent Gillioz : QFX, dernier monocoque à la pointe de la technologie  

    Le QFX en chiffres*
    Longueur: 10,7 m
    Largeur: 4 m (5,2 m à l’extrémité des foils)
    Poids à vide: 850 kg
    Bulb: 300 kg
    Surface GV: 38 m²
    Surface foc: 19 m²
    Surface génois: 45 m²
    Surface génois lac: 75 m²
    Surface spi: 115 m²
    Nombre d’équipiers: 1 à 5
    *Source: Le Temps

    - Vainqueurs 2019 -

    Michel Glaus, Yasha Samuraï - vainqueur TCF1

    Vainqueur de la catégorie TCF1 en 2019, Michel Glaus et son Yasha Samuraï a également terminé troisième en temps compensé. A bord de son Melges 32, il a privilégié, avec ses co-équipiers, la sécurité. Et cela a payé !

    « Nous avons appris vendredi soir qu’il y aurait 60 noeuds de vent », se souvient-il. « Nous savions que le bateau devient ingérable dès 40 noeuds. Avant le départ, samedi matin à 8h00, nous avons donc décidé de prendre le départ, mais les règles étaient claires : lorsque je disais stop, on affalait tout et on attendait, en mettant la régate de côté.


    Mes co-équipiers et co-propriétaires du bateau ont accepté les règles fixées, que nous avons appliquées. Lorsque nous avons vu le grain au loin, nous avons tout affalé et avons attendu. Nous nous sommes évidemment fait dépasser de tous les côtés, mais nous n’avions pas le choix de procéder ainsi : la Grand-Voile du Melges 32 est hookée et nécessite qu’on se mette face au vent une quinzaine de secondes pour pouvoir l’affaler. Si nous avions attendu le coup de vent, cela n’aurait plus été possible. Nous avons tous une soixantaine d’années à bord, et ne voulions pas de pépins. La sécurité avant tout !

    Alors que nous étions un peu dépités de nous retrouver seuls après le grain, nous avons finalement réalisé que tous ceux qui nous avaient dépassés, voiles en haut, avaient finalement abandonné à cause de différentes avaries. C’est seulement en arrivant à Genève que nous avons réalisé cela, et avons pu savourer notre victoire dans notre catégorie. »

    Président du Bol d'Or Mirabaud pendant huit ans, Michel profite aujourd’hui d'y participer comme concurrent. « J’ai adoré ce que j’ai fait pendant cette présidence. Etre proche des concurrents, faire évoluer l’événement, le médiatiser, passer au numérique… Aujourd’hui, je regarde avec beaucoup de plaisir la petite graine que j’ai plantée et qui continue à pousser ! Je profite de pouvoir naviguer tant que j’ai la santé, et continuerai aussi longtemps que possible. Pour le plaisir maintenant, non plus pour la gagne ! Même si la victoire a toujours aussi bon goût. »

    Le seul regret de Michel concernant le BOM est dans la catégorie des Surprise. « J’ai essayé pendant dix ans de le gagner dans cette classe si compétitive, sans jamais faire mieux que deuxième. A mon grand regret ! » 

    « Ça se passe sur les réseaux sociaux ! »   

    Bienvenue dans CAP ou PAS CAP, nos simulations de tactiques de navigation en "stories" sur les comptes Instagram et Facebook du BOM. Basées sur des situations réelles telles que ; franchir une ligne d'arrivée en D35 lors du BOM 2018 ou encore naviguer sur un Grand Surprise juste avant la tempête de 2019… Le BOM vous propose d’éprouver votre art et votre technique sur différentes embarcations à des moments clés de la course. La prochaine est pour bientôt sur les réseaux sociaux du BOM. Alors CAP ou PAS CAP ? 

    Crédit 4AM

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