Publié le 15.09.2020

Newsletter 4

  • Nous espérons que vous avez pu profiter d’un été vélique. La rentrée scolaire a été accompagnée de quelques régates, pour le plus grand bonheur de tous les navigateurs ! Nous vous invitons à découvrir les dernières informations relatives au BOM, ainsi que certains de ses acteurs clés à travers cette Newsletter de la rentrée.

    - Les vainqueurs de l'ombre -

    Jean-Marc Monnard : « L’évolution de la voile suisse est intimement liée au BOM »

    Associé de la voilerie Europ’sails, Jean-Marc Monnard est un incontournable du Bol d’Or Mirabaud (et de la voile Suisse plus globalement). Avec plusieurs victoires à son actif, dont une en temps réel avec Zebra 7 lors de la première année des Décision 35, il se souvient également de ses  réussites avec Taillevent, en Psaros 40 et dans des plus petites classes.

    « Ce n’est pas forcément avec les bateaux plus rapides que je suis arrivé le plus tôt ! J’ai fait des magnifiques Bols, avec une arrivée le soir en Surprise » se souvient le genevois de 55 ans. « Le Surprise est génial pour le nombre de concurrents dans la classe. A choisir, j’aime participer au BOM sur un bateau confortable, un bon monocoque, sur lequel l'on peut facilement passer la nuit. Mais peu importe le support, il faut un bateau qui glisse bien ! 


    C’est difficile pour moi de choisir un meilleur souvenir sur cette course. Il y a toujours des histoires à raconter, dans toutes les différentes classes. Mais c’est une course qui porte bien son nom… Il faut du bol ! La part de chance est importante. »

    Fin connaisseur des différents supports depuis son plus jeune âge, nous l’avons questionné sur l’évolution de la voile suisse et du BOM. « En terme de bateaux, la différence principale est qu’avec des supports plus rapides comme les multicoques récents, tu te permets de jouer dans tous les coins du lac, de le traverser pour aller chercher des risées. Alors que les bateaux plus anciens ou plus lents vont faire le moins de chemin possible. Le jeu tactique et stratégique est plus ouvert !

    La course en elle-même n’a pas évolué ! La régate est toujours identique, avec des passionnés qui débarquent samedi matin, excités à l'idée de faire le tour du lac. La météo a un peu évolué, mais de toute manière chaque édition est différente. La partie événementielle, par contre, a bien grandi avec plus de communication, plus de fête ; cela a pris une telle ampleur que cela a presque dépassé la compétition. Le suivi avec la trace des concurrents en direct apporte beaucoup également !

    D’après moi, l’évolution de la voile est intimement liée au BOM. Des passionnés mettent beaucoup d’énergie et d’argent pour développer des bateaux qui gagneront le BOM ! La coupe de l’America mène le bal du développement à l’international, et c'est le BOM qui tient ce rôle en Suisse. Jusqu’à récemment, la victoire au BOM était accessible à tous, un amateur éclairé pouvait y parvenir avec un bon bateau. Maintenant, avec l’arrivée des bateaux volants, ce n’est plus le cas. L’évolution vers les foilers est passionnante, mais réservée à une élite. »

      

    - Personnalités -


    Benoit Deutsch et ses jeunes du Club Nautique de Versoix.

    Le Bol d’Or Mirabaud des jeunes


    Le Trophée des Ecoles de Voile récompense la meilleure école de voile à bord d’un Surprise. Il a pour objectif de développer l’intérêt des jeunes équipiers à la compétition et est ouvert aux écoles de voile lémaniques depuis une dizaine d’années. Le nombre d’équipiers est fixé à quatre, qui doivent avoir maximum 17 ans le jour de la course. Ils sont encadrés par un moniteur agréé. L’un d’eux est multiple vainqueur du Trophée avec le Club Nautique de Versoix : Benoit Deutsch.

    « Participer au BOM avec ces jeunes, c’est leur permettre de vivre la grande fête des régates du lac. C’est un moment de partage, de team building, dans la lignée de l’apprentissage que je leur apporte. Nous gérons d’autres aspects que sur les entraînements classiques : le sommeil, la nourriture, la gestion de l’équipe sur une durée plus longue… »

    Benoit part habituellement avec trois « petits » qui viennent de l’Optimist, âgés de 12-14 ans, et un adolescent de 15-17 ans. Seul critère : que le jeune n’ait jamais participé au BOM auparavant (et il ne le fera qu’une seule fois avec chacun!). « Ce sont des souvenirs qui les marquent à vie. Je n’ai jamais abandonné, je veux leur transmettre ces valeurs, qu’ils apprennent à aller jusqu’au bout. Le plus difficile à gérer est le caractère de certains! Mais aussi la peur et la fatigue. » Comment fait-il pour remporter le Trophée des Ecoles presque chaque année ? « Je vise le classement global des Surprise et non pas celui des Ecoles de Voile! »

    Marcelo Saguier est l’entraîneur de la Société Nautique de Genève. Il participe également au BOM chaque année avec ses élèves : « C'est une introduction à une autre spécialité de la voile de compétition, ainsi que l'occasion de participer à ce grand événement. Les jeunes découvrent les équipes professionnelles, les différents types de bateaux, l’esprit d'équipe et la connaissance de l'ensemble du lac Léman. Ils doivent s'organiser à bord pour gérer l'énergie pendant toute la durée de la course. Naviguer de nuit est une expérience géniale qu’ils n’oublieront jamais ! » 

    - Partenaires -

    L'Institut Florimont aux côtés du BOM

    Fondé par la Congrégation des Missionnaires de Saint François de Sales en 1905 et dirigé par des laïcs depuis 1995, l’Institut Florimont est une école privée proposant aux élèves de 3 à 18 ans un parcours complet du jardin d’enfants aux portes de l’université, via ses trois filières : Maturité gymnasiale, Baccalauréat français et Baccalauréat International.


     Ecole francophone bilingue, l’Institut dispense un enseignement d’excellence reposant sur l’apprentissage poussé des langues et des sciences, tout en s’attelant à développer les compétences humaines de ses élèves par le biais d’activités solidaires et d’un engagement dans la communauté. « A Florimont, nous croyons à la quête d’excellence et au dépassement de soi, des valeurs également portées par le Bol d’Or Mirabaud », exprime Sean Power, Directeur Général de l’Institut. « Par ailleurs, en tant qu’école genevoise, il nous tient à cœur de participer aux grands événements de la vie de la Cité. Associer notre nom à celui du BOM était donc naturel. Le Bol d’Or Mirabaud 2019 me laisse le souvenir d’une édition… mouvementée ! Quant à l'édition 2020, nous étions confinés… Nous avons hâte de voir ce que l’édition 2021 nous réserve. Nous sommes en train de travailler sur la constitution d’une équipe aux couleurs de Florimont pour l’année prochaine. » 

    - Bateaux -

    Le Toucan, Seigneur du Léman

    Il fêtera l’an prochain ses 50 ans! Voilier emblématique du Léman, le Toucan est le premier voilier a avoir été conçu dans le but de remporter le Bol d’Or. Il a régné sans partage sur la course de 1971 à 1978. Aujourd’hui encore, ses lignes racées, son élégance et ses performances lui valent des commentaires élogieux. Pour fêter les 50 ans du Toucan, le BOM leur réservera un classement séparé à condition qu'ils soient plus de 20 partants lors de l'édition 2021.

    « Le Toucan reste un voilier fantastique », déclare le président de la classe René Grept. « 25 unités sont encore jaugées SRS, tandis qu’une quinzaine d’équipages disputent régulièrement des régates. La série est dynamique, avec des propriétaires qui sont en général des amoureux de ce bateau. La classe a évolué avec son temps, et notamment adopté un spi asymétrique qui permet de naviguer seul sans aucune difficulté. » 

    En 1968, Marcel Stern vient de remporter la médaille d’argent aux Jeux Olympiques d’Acapulco avec Bernard Dunand et Louis Noverraz, à bord d’un 5,5 m JI nommé Toucan. Noverraz et le maître voilier André Fragnière convainquent Stern de commander le premier exemplaire de leur dernier dessin; ce dernier s’appellera donc Toucan, comme tous les précédents voiliers de son propriétaire.Toucan XI, le premier de la série, sort du chantier naval Luthi, à Crans, à la veille du XXXIVè Bol d’Or, en 1971. Son équipage est composé de Daniel Girardet, André Fragnière, Philippe Durr et Marcel Stern.

    « Nous avons mis le premier exemplaire à l’eau à la veille du Bol d’Or », se souvient Durr. « On a planté le mât puis dormi quelques heures avant le départ. Nous n’étions pas prêts et j’ai passé les premières heures de la régate à tendre les haubans et rajouter des pièces d’accastillage. Lorsqu’on est arrivés à Thonon, on a sorti les jumelles et regardé derrière. On voyait à peine nos poursuivants ». 

    Les Toucans remportent huit éditions consécutives du Bol d’Or, de 1971 à 1978. Pas moins de 86 exemplaires seront construits en 40 ans par les chantiers navals Luthi, Transléman, Egger, Haefele, Liechti et Psaros.  

    - Vainqueurs 2019 -

     

    Bernard Borter, le maître du Grand Surprise

    Vainqueur de la catégorie Grand Surprise en 2019, Bernard Borter (CVVidy) n’en était pas à son coup d’essai. Quasiment imbattable dans sa catégorie, tant sur le BOM que sur les régates de classe, nous avons rencontré le maître du Grand Surprise.

    « J’ai choisi le GS car il n’y a pas beaucoup de séries monotypes avec un budget raisonnable, hormis le Surprise. Nous avons un championnat, un calendrier complet, le bateau est simple, efficace pour sa taille. On peut attaquer à fond ! Nous avons un équipage très régulier, presque la même équipe depuis 16 ans ! Nous nous entraînons au moins une fois par semaine ensemble.

    Pour le BOM, nous naviguons toujours à six, et préparons spécialement le bateau pour qu’il soit confortable et que nous puissions bien dormir. Nous avons plusieurs barreurs à bord, afin de ne pas barrer plus de 2-3h de suite. Nous avons ainsi plusieurs personnes qui décident sur le bateau, qui le barrent. Quand le tacticien et le barreur sont frais, cela remet du dynamisme à bord.

    Ce serait donc un de mes conseils : avoir plusieurs barreurs ! Et ne pas hésiter à dormir. Par ailleurs, pour être à l’aise sur un BOM, il faut être à l’aise sur son bateau, bien le connaître. Nous nous retrouvons souvent dans des conditions dans lesquelles nous n’aurions pas navigué habituellement, mais il faut les gérer. La nuit par exemple, tout est plus stressant. » 

    De la Pologne au Lac Léman

    Nombreux sont les équipages à faire le déplacement depuis l’étranger pour participer à la fête lacustre mi-juin ! L’un d’eux est bien connu de la région, Raffica. Le Libera Hongrois qui a remporté le Bol de Vermeil à plusieurs reprises. Ce n’est pas le seul à rejoindre les rives du Léman pour le BOM : Italiens, français, hongrois, allemands, autrichiens sont représentés, mais aussi Polonais ! Aleksander Dembinski, du Yacht Klub Polski Warszawa, et son voilier Dembiany a participé à l’édition 2019 en famille, pour leur première participation.

    « Depuis notre enfance, nous naviguons sur le lac Léman pendant nos vacances. Cette année, la régate était une occasion extraordinaire de se retrouver en famille. C’est la passion de la voile de mon père qui nous a rassemblés, nous voulions fêter en avance son anniversaire comme il se doit », raconte Aleksander, qui naviguait avec son père, ses deux fils, sa nièce et son neveu. « L’expérience fut on ne peut plus mémorable ! Après un départ dans une légère brise, nous avons été pris dans la tempête en quelques minutes. L’horizon a disparu et la grêle s’est abattue sur nous. Les enfants étaient à l’abri. Le bateau s’est couché, nous étions désarmés dans un lac sombre et rouge. Nous nous sommes finalement échoués contre la digue du port d'Hermance et avons abandonné le voilier familial qui nous accompagne depuis des années. Les sauveteurs sont venus nous chercher après la tempête, et nous avons pu rejoindre la terre ferme. Personne ne s’attendait à des vents de cette ampleur, des vagues de cette taille, une grêle si violente ! Quand le lac s’est couvert, on ne reconnaissait plus rien. Nous avions l’impression de naviguer sur le plus terrifiant des océans.

    Bientôt il sera temps pour nous de relever le défi à nouveau et affronter cette course intense, avec pour objectif de revenir à bon port ! » 

     

    « Ça se passe sur les réseaux sociaux ! »   

    Durant l'été, le BOM a fait appel à votre goût pour la musique et vous a proposé de co-créer une playlist spéciale navigation sur Instagram et Facebook. Nous avons présenté une battle entre deux titres directement dans nos stories. Et vous avez choisi votre morceau préféré, il figurera dans la playlist du BOM. Nous poursuivons notre sélection musicale ces prochaines semaines. 

    Alors dites-nous si vous êtes plus Rolling Stones, Julien Doré ou encore Chopin ! 

    Surtout, n’hésitez pas à nous envoyer vos propositions directement en message personnel sur les comptes du BOM ou sur l'adresse e-mail suivante bom@4am.ch

    A très vite sur les ondes du BOM.

    © 4AM

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