Publié le 03.06.2020

Newsletter 2

  • Histoire, anecdotes, rencontres... Nous vous invitons à découvrir ou redécouvrir la formidable histoire et les anecdotes du BOM. Nous vous conseillons de lire attentivement cette Newsletter afin de préparer une petite surprise qui vous attend la semaine prochaine ! A défaut de régate... Nous nous divertirons autrement !

    - Les vainqueurs de l'ombre -​

    Cyrus Golchan et son triple sacre en Surprise 


     
    Cyrus Golchan est l'un de grands « vainqueurs de l’ombre » du Bol d'Or Mirabaud. Sacré en 2011, 2013 et 2014 dans la catégorie la plus disputée, celle des Surprise, il mériterait lui aussi de conserver le trophée remis à quiconque s'impose trois fois en cinq ans au classement scratch et monocoques (Bol d'Or et Bol de Vermeil). Et ce n'est d'ailleurs pas le seul... Nicolas Anklin a également déjà remporté trois fois le BOM en Surprise.

    Avec une centaine de concurrents (au moins!) chaque année, le vainqueur Surprise est souvent considéré comme le « vrai » vainqueur du BOM. Alors comment Cyrus est-il parvenu à cet exploit ?


    « Je connais très bien le support, après avoir participé douze fois aux  5 Jours du Léman », raconte le genevois de 47 ans. « Par ailleurs, nous avions du bon matériel avec le Surprise Mirabaud, et le projet monté par le CEO de la banque à l’époque. Enfin psychologiquement, quand tu l’as gagné une fois, tu sais que tu peux le faire à nouveau. Tu as le bateau et les voiles pour y parvenir, un équipage que tu connais bien et qui en est capable. J’étais accompagné notamment d’Alan Roura et de Patrick Girod pour ces victoires. En 2014, j’ai remporté la Genève Rolle. Olivier Peyron, avec qui je naviguais, m’avait dit que jamais personne ne parvient à faire le doublé. Mais je savais qu’on pouvait le faire. Et on l’a fait ! Avec en prime la victoire en temps compensé. Inoubliable !

    Remporter le BOM, c’est spécial. C’est une régate très particulière. Les jours précédents, il y a toute la préparation, l’ambiance, qui font partie de la régate et qu’on ne retrouve sur aucun autre événement vélique. Des champions du monde entier se déplacent à Genève pour y participer. A l’époque de la Coupe, nous avions la crème de la crème ici, et encore aujourd’hui à bord notamment des Décision 35. Le BOM est un événement qui réunit les régatiers internationaux et le côté populaire, avec une ambiance qu'on retrouve chaque année avec impatience ! Nous avons partagé la même expérience que toutes les personnes que l’on voit le dimanche soir, surtout avec une édition comme l’an dernier. J’ai encore des frissons quand j’en parle ! Le résultat est presque accessoire finalement. Ce qui compte c’est l’aventure et le vécu qu’on a partagé. 

    Mon objectif désormais est de gagner dans ma classe, en Psaros 33. Ce sont des magnifiques bateaux, difficiles à faire marcher, qui sont faits pour le lac ! Nous ne sommes pas loin de cette victoire ! Et si je me laisse un peu rêver… Terminer premier monocoque à bord du Psaros 33 ! Si nous faisons tout juste, et que les autres font quelques erreurs… Pourquoi ne pas y croire ? »  

    - Personnalités -

    Peter Leuenberger, pionnier des multicoques et détenteur du record

    Le trimaran de Peter Leuenberger, Triga IV, détenteur du record du BOM, a ensuite été vendu à Stève Ravussin pour 1 franc symbolique. C’est avec ce voilier qu’il a disputé et remporté la Route du Rhum 1998 dans sa catégorie.
    Dès la fin des années septante, Peter Leuenberger commence à développer des multicoques toujours plus pointus et rapides. Professeur d’ophtalmologie à l’Hôpital cantonal de Genève, on ne l’imagine pas forcément comme un précurseur de la vitesse à la voile - et pourtant ! En 1979, il dispute son premier Bol en multicoque, à bord d’un Tornado. Un an plus tard, son premier trimaran est un Typhoon, doté de ses deux coques de Tornado en guise de flotteurs. Il y établit un gréement démesuré. Suit un trimaran britannique dessiné par Derek Kelsall, puis le Formule 40 Nord-Pas-de-Calais de Christian Comin, adapté au Léman c’est-à-dire doté d’un mât gigantesque et de voiles à recouvrement. 

    Bien accompagné par Edouard Kessi, Gérard Gautier, Elie Ohayon et Martial Baertshy, Leuenberger remporte le Bol d’Or 1994 et pulvérise le record de l’épreuve en 5h01’51’’. Un record qui tient toujours! « Tous les records sont faits pour être battus et le nôtre le sera un jour, mais il faudra aller le chercher… », dit-il. En cette belle journée de juin 1994, la Bise souffle avec force - 40 noeuds dans les rafales - et soulève de grosses vagues. « Au large de Thonon, sur le chemin du retour, nous avons largué notre ris. Avec encore notre génois volant de 110m2, nous allions très vite. » Triga IV franchit la ligne d’arrivée en tête, devant Happycalopse (Bertrand Cardis) et Poseidon, le trimaran d’Ernesto Bertarelli, qui franchit la ligne d’arrivée chaviré…

    « Nous avons immédiatement su que c’était un très beau record, qui sera difficile à battre. Mais je n’aurais jamais pensé qu’il tienne un quart de siècle! J’observe que les développements technologiques se sont succédés jusqu’en 2000, avec le trimaran « Black » d’Ernesto Bertarelli. Puis on est passé aux monotypes D35 et il n’y a plus eu d’évolution. Le D35 ne m’a jamais intéressé. Il n’avait pas assez de volume dans ses flotteurs, et dès 20 noeuds de vent il faut lever le pied. Ce n’est pas un voilier de records. »

    Prochaine étape, et espoir de voir tomber le record: le nouveau catamaran à foils TF 35. « Il ira vite, c’est certain, mais jusqu’à quelle force de vent pourra-t-il naviguer sur ses foils? », s’interroge encore Leuenberger. « Il aura besoin de conditions idéales, avec pas trop de vent ni de vagues, sur l’ensemble du parcours. Des conditions assez rares, en réalité. A mon avis, le voilier idéal pour battre le record est un trimaran, puissant mais aussi léger; environ une tonne contre les 2150 kilos de Triga IV. A partir de l’année prochaine, s’il y a plus de 20 noeuds de vent, je me demande si les plateformes tiendront le coup… »

    Retiré du monde de la régate depuis 2008, mais toujours actif professionnellement, Peter Leuenberger suit toujours les régates lémaniques - et tout particulièrement le Bol d’Or Mirabaud de très près. Est-il fier de son record? « Non, ce n’est pas le bon mot, il faut rester modeste. Par contre je suis très heureux d’être parvenu à naviguer au plus haut niveau lémanique pendant une quinzaine d’années et d’avoir remporté quasiment toutes les courses du Léman une fois, et toujours avec un très bel esprit entre les équipes. Le Bol d’Or 1994 était la plus belle victoire; c’est là que nous sommes vraiment parvenus à rassembler tous les éléments, le matériel, l’équipage et les conditions de navigation. C’est un souvenir inoubliable. » 

    - Histoire -


    Nausicaa, le 6.50 m de la famille Mercier, a bien failli créer la surprise en 1962, menant longuement la course avant de se faire dépasser par le prestigieux 8 m JI Glana.  © Gilles Favez

    Les trois pendus du Bol

     

    Vainqueur du Bol d’Or en 1949 et 1950, le vaudois Henri Guisan n’est plus qu’à une victoire de la première conquête du Trophée. Mais un équipage l’en prive : c’est celui d’André Firmenich et Charles Stern, barré par le célèbre Louis Noverraz.

    La victoire du champion genevois sur le colonel vaudois et son coûteux voilier attise le conflit qui oppose depuis longtemps Guisan à la SNG et à Louis Noverraz. Guisan s’en prend au skipper genevois et se fait exclure de la Société Nautique de Genève, laquelle claque la porte de l’Union Suisse du Yachting, présidée par… Henri Guisan ! 

    La SNG se retrouve isolée : ses membres n’ont plus le droit de participer à des régates sous le pavillon de leur club – une interdiction qui inclut les Jeux Olympiques. De même, les régatiers suisses et internationaux ont l’interdiction formelle de participer aux épreuves organisées par la SNG - parmi lesquelles le Bol d’Or - sous peine d’exclusion de toute autre régate. Le boycott est généralement bien respecté, mais une poignée d’intrépides, conscients du ridicule de la situation, bravent cet interdit. Parmi eux, trois équipages vaudois : ceux de Satanic, Lalo et Nausicaa, qui disputent le Bol d’Or 1957 en dépit de l’interdiction de l’Union Suisse du Yachting.

    André Mercier et les skippers de Satanic et Lalo savent que si le règlement est appliqué à la lettre, ils seront exclus de toutes les autres régates de Suisse, y compris celles de leur propre club. La réponse d’André Mercier est la plus belle; c’est celle de l’humour et de la dérision. Il prépare un grand drapeau de toile, sur lequel il peint trois pendus, affublés chacun du nom de l’un des trois voiliers, puis rédige la Ballade des Trois Pendus – allusion au poème de François Villon – en s’inspirant de la Marseillaise.

    Alerte, enfants du CVL
    Le jour de honte est arrivé
    Contre nous le joug, la tutelle, 
    L’étendard des sanctions est levé

    Voyez là-bas sur leurs ancrages
    Languir les plus ardents bateaux
    Hélas, ils laissent sur les eaux
    Déferler le flot des vains outrages

    Debout navigateurs, montrons du cœur
    Soyons tous résolus, sus aux abus
    Allons, hissons, tous aux chavons
    Libérons les pendus

    L’affaire des trois pendus finira autour d’un barbecue ; les trois pendus sont réhabilités. Un an plus tard, le commissaire aux régates de la SNG, A. Robert, se félicite de « la participation de bateaux vaudois, bernois, neuchâtelois – montrant que par-delà une « dissidence » théorique, les liens amicaux et sportifs existent toujours, bien vivants, entre Genève et les autres clubs nautiques de Suisse. »

    Depuis ce jour, Nausicaa, n’a quasiment jamais manqué un Bol, mené par les fils d’André, Pierre et Antoine. Splendidement restauré par Philippe Durr, on le retrouve aussi régulièrement au départ de la redoutable Translémanique en Solitaire.

    - Partenaires -

    Un nouveau partenaire de coeur pour le BOM : la Fondation Just for Smiles

    Le Bol d’Or Mirabaud est fier de s’associer à Just for Smiles. Après trois ans aux côtés du Comité international de la Croix-Rouge, le Comité d’Organisation du BOM présente son nouveau partenaire de coeur. Just for Smiles est le premier réseau de compétences et d’activités de bien-être (sport, culture, loisirs activités récréatives), dédié à tous types de handicaps en Suisse. «Servir sans relâche le goût de l’incroyable pour que toute personne entravée dans son quotidien puisse vivre à l’égal des autres.»

    La Fondation avait prévu d'aligner deux catamarans handivoile au BOM 2020, pour permettre à des personnes en situation de handicap de vivre la régate de l’intérieur sur l’eau. Mais également à terre : la Fondation permettra à ses bénéficiaires d’assister notamment au départ depuis la Société Nautique de Genève. «Nous nous réjouissons de les accueillir et de leur faire vivre l’événement de l’intérieur l'an prochain», se réjouit le Président du Comité d’organisation, Rodolphe Gautier. «Nous espérons que cela contribuera à la visibilité de cette fantastique institution, et au travail extraordinaire des bénévoles pour leurs bénéficiaires.» 

    - Bateaux -

    Le Surprise, coqueluche du Léman

    Le monocoque Surprise voit le jour en 1976, et devient rapidement le voilier le plus populaire du Léman, avec près de 800 unités vendues en Suisse*. Il est le digne descendant du Corsaire, dont le chantier Amiguet construisait deux exemplaires et demi par semaine dans les années soixante.

    « Je suis allé voir ce bateau au chantier Archambault, et j’ai tout de suite eu le déclic », raconte François Séchaud, l’homme qui a eu le nez de les découvrir, de les importer et de les promouvoir en Suisse.

    « C’était un déplacement léger, et il était très innovant pour l’époque. J’en ai amené un en Suisse, et je l’ai exposé au Salon du Nautisme de Genève, qui était énorme à l’époque, dans le Parc des Expositions, là où se situe maintenant Uni Mail. Le succès a été immédiat. Puis on a disputé la régate de la Pâquerette, par une forte bise. On a gagné avec une grande avance. Ça a joué un rôle dans la réputation des Surprises.» 

    Douze exemplaires sont vendus en Suisse dès la première année, et sept d’entre eux s’alignent au Bol d’Or 77. Une classe monotype est rapidement créée, avec des règles de jauge précises, et un calendrier de régates attractif. « Il coûtait 21'000 francs avec les voiles à l’époque », se souvient Séchaud. « C’était un bateau polyvalent, qui permettait à la fois de faire de la croisière-camping et de la régate. Mais c’est surtout la régate qui lui a permis de se développer. »

    Les meilleurs régatiers du Léman s’y succèdent, à l’image de Christian Wahl ou Dominique Wavre dans un premier temps, puis Jean-Marc Monnard, Michel Vaucher, Alain Marchand, Kiny Parade, Etienne David ou Arnaud Gavairon, qui lui donnent ses lettres de noblesse et font de son championnat annuel l’une des épreuves les plus convoitées de Suisse, avec jusqu’à 70 voiliers sur la ligne de départ. Les meilleurs talents d’aujourd’hui  naviguent toujours en Surprise. « Au début, on nous regardait un peu de haut », se souvient Séchaud. « Mais la connotation a changé, et aujourd’hui, le classement des Surprises est devenu prestigieux. »

    « C’est la classe dans laquelle il est le plus dur de s’imposer », confirme Gérard Gautier. En multicoques, il n’y a que douze bateaux dans le meilleur des cas. Les Surprises, en revanche, sont plus de cent et j’ai beaucoup d’admiration pour celui qui parvient à gagner. » Des milliers d’équipiers et de propriétaires ont découvert la navigation, la régate et le lac Léman à bord d’un Surprise. Pour eux, le classement scratch n’a aucune importance : seul le classement de la classe des Surprise compte. Pied de nez de l’histoire, les skippers de ces modestes voiliers en polyester de 7m50  regardent les Formule 1 du lac de haut ; les vrais vainqueurs moraux, ce sont eux…

    Michel Glaus a été l’un des principaux promoteurs de la classe, impute son succès à sa stricte monotypie, sa simplicité et son faible coût. « C’est la classe qui rassemble le plus de voiliers en Suisse, et aussi celle où le niveau est le plus élevé. »

    « Aujourd’hui, remporter le Bol d’Or Mirabaud en Surprise est probablement ce qu’il y a de plus difficile », confirme Pierre-Yves Jorand. « Et c’est peut-être l’équipage le plus méritant du Bol d’Or. » 

    *1750 exemplaires construits par le chantier Archambault fin 2011, dont 40% naviguent en Suisse. 

    - Vainqueurs 2019 -

    Alain Gerber, Vainqueur tcf3

    Nous continuons les présentations des vainqueurs 2019. Après le vainqueur TCF4, c’est au tour du vainqueur TCF3, Alain Gerber et son Longtze Premier Osteo 7/7. « J’ai participé au Bol épisodiquement dès l’âge de 18 ans et régulièrement depuis l’an 2000 avec mes différents bateaux. J’ai été régulièrement classé dans les dix premiers de ma catégorie avec mon Jeudi 12 SUI 6 « Nanook » dont une très belle 3ème place en 2007. L’an dernier, je naviguais avec Christophe Dunand, Pierre-François Sauthier et Julien Descombes.


    Pour cette première édition avec notre nouveau bateau, nous avons profité des petit airs de la première partie de course en tirant l’avantage de notre bateau léger. Malgré sa petite taille et son poids plume, la bateau a merveilleusement bien passé le coup de vent. Bien que nous ayons passé 15 minutes le mât dans l’eau, le temps de descendre la grand-voile… Nous sommes ensuite descendus vers le Bouveret sous foc seul entre 12 et 15 noeuds avec 10 mètres de visibilité. C’est dans le coup de vent que nous avons forgé notre victoire en passant de la sixième à la première place. Le retour sur Genève a été plus serein malgré le froid de la nuit, nous étions trempés !

    C’est un immense bonheur pour un marin de ramener le Bol à la maison à soixante ans après toutes ces belles aventures autour du Léman depuis plus de vingt ans. On était dans les starting blocs pour l’édition 2020 et on sera présent pour les suivantes tant que nos articulations nous l’autorisent. »

    « Ça se passe sur les réseaux sociaux ! »   

    Retour sur l'édition 2019 grâce au photographe officiel du BOM, Loris von Siebenthal, il reçoit le prestigieux prix de Swiss Press Award, catégorie Sport 2020. Une reconnaissance remarquable pour une série de photos d'un rare intensité !

    Dans un interview exclusif pour le BOM, il nous raconte les circonstances exceptionnelles de la prise de ces photos et surtout son ressenti en tant que marin passionné et aguerri face à la tempête.

    Pour découvrir les coulisses de ces clichés d'anthologie, rendez-vous sur les réseaux sociaux du BOM.  

    Crédit 4AM 

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