Publié le 18.05.2020

Newsletter 1

  • Le Bol d'Or Mirabaud n'aura donc pas lieu cette année, mais nous vous invitons néanmoins à vous re-plonger dans l’univers de la régate par l'intermédiaire de cette Newsletter. Des articles historiques et actuels vous permettront de revivre certains des moments mythiques de la course, et de découvrir des personnalités incontournables qui ont fait, et font la richesse du Bol d’Or Mirabaud.

    Nous espérons vous croiser bientôt sur le lac, et vous souhaitons d’ici-là une bonne lecture !

    - Histoire -

    Premier Bol d’Or: un pari fou !

    L’organisation du premier Bol d’Or, le 22 juillet 1939, fait suite à plusieurs tentatives toujours plus osées. En 1937, le docteur Pierre Bonnet avait commencé par organiser une course sur le parcours Genève-Nyon-Yvoire-Genève. L’année suivante, il organise les « douze heures du Léman », puis réalise enfin son rêve de jeunesse. 

    «Grâce à de généreux donateurs, nous pouvons mettre à exécution un projet depuis longtemps caressé. Une course de grand fond, destinée à éprouver la résistance physique de nos navigateurs, ainsi que leur sens du lac. Jamais, à notre connaissance, une régate aussi longue n’a été disputée en Suisse et nous espérons que le succès nous permettra de la rendre annuelle», précisent ses organisateurs, MM Bonnet, Varesio, Schopfer, Clyde, Meyer et Bastard, tous membres du Club Nautique des Faces Pâles, l’ancêtre du Yacht Club de Genève. 


    La route est longue, les rives ne sont pas éclairées. Les rames et les moteurs sont plombés et le matériel de sécurité obligatoire vérifié. Parmi les vingt-six concurrents, on reconnait sept 6 m JI, les petits frères des 12 m JI qui disputeront la Coupe de l’America de 1958 à 1987, trois 30 mètres, sept « cruisers », un 8,50 m, trois Hoccos, quatre voiliers non identifiés et trois beaux voiliers effilés, nommés Goléron V, Sagittaire et Patinautique II : ce sont les premiers Lacustres, dessinés par Henri Copponex, qui viennent d’être mis à l’eau.

    Dès sa première édition, le Bol d’Or sacre le voilier le mieux préparé et l’équipage le plus expérimenté. Ylliam IV est déjà le descendant d’une lignée de coursiers. La distribution des prix se déroule un mois après l’arrivée, au restaurant du Parc des Eaux-Vives, à l’occasion d’un dîner d’honneur. Les propriétaires et leurs skippers, en complet cravate et accompagnés de leurs épouses en grande tenue, reçoivent une médaille dessinée par Emile Lachapelle, membre du club et médaillé olympique en aviron aux Jeux olympiques de Paris, en 1924.

    La première édition du Bol d’Or est donc un succès, bien que modestement relaté par la presse de l’époque. L’article de la Tribune de Genève se conclut par un éloge des organisateurs, et un souhait : « que le Bol d’Or devienne, comme il le mérite, l’une de nos principales épreuves annuelles de navigation, car il n’en est pas comme celle-là qui réclame d’avantage d’endurance et de qualités manœuvrières. » 82 ans plus tard, le souhait a été satisfait !

    Aidez-nous à replonger dans les archives : envoyez-nous vos meilleures photos historiques des anciennes éditions ici

    - Personnalités -  

    Vincent Varesio, le starter et chronométreur officiel de la course, de 1939 à… 1989!

    Vincent Varesio est l’une des figures marquantes de l’histoire du Bol d’Or. A l’origine de la compétition aux côtés du dentiste Pierre Bonnet, du colonel Schopfer, de l’américain Marshall Clyde, de Jean Meyer et Eric Bastard, il devient le starter et chronométreur officiel dès la première édition de l’épreuve, en 1939. Un poste qu’il occupera vaillamment, assisté par les Pennazio (père et fils) jusqu’en… 1989: 50 ans de bons et loyaux services!

    Varesio est célèbre pour l’anecdote mythique et incontournable qui accompagne la première édition du Bol d’Or, en 1939. Le vent est faible, puis il cale complètement au large de Meillerie. La progression des voiliers est laborieuse et les premiers concurrents – menés par le 6 m JI Isis II - franchissent la marque du Bouveret à la tombée de la nuit. Vincent Varesio se réjouit de la longue nuit de sommeil qui l’attend, et il s’endort du sommeil du juste. Mais des grains de pluie et des rafales s’abattent sur les concurrents, qui accélèrent sur le parcours-retour, au cœur de la nuit. Vincent Varesio est réveillé de toute urgence au petit matin. « J’avais revêtu en hâte un manteau de pluie, mais en dessous, je n’avais que mon pyjama : je n’avais pas eu le temps de me changer… » Et c’est dans cette tenue incongrue qu’il fait tonner le coup de canon qui célèbre l’arrivée victorieuse du 6 m JI Ylliam IV, barré par Louis Noverraz. 

    Vincent Varesio est toujours à l’honneur au sein de la SNG; une photo de lui trône dans le restaurant du club. Son nom est par ailleurs associé au Ruban Violet, le titre qui récompense le monocoque le plus rapide autour du Léman. Le nom officiel du trophée, offert par son initiateur Fred Meyer, est en effet Challenge Varesio Ruban Violet, exposé dans une vitrine de la SNG. 

    - Vainqueurs de l'ombre -  

    La modestie d'Eric Monnin cache un palmarès impressionnant

    Photo : Eric Monnin (deuxième depuis la gauche), lors de sa victoire au BOM 2007 avec Okalys © Miguel Bueno

    De nombreux navigateurs et navigatrices comptent plusieurs victoires et podiums au BOM. Dans différentes séries, ou occupant différents postes à bord, ils n’apparaissent pas forcément dans le palmarès des records de victoires. C’est l’occasion de les découvrir !

    Docteur en physique et ingénieur lorsqu’il ne régate pas, Eric Monnin est un navigateur moitié romand / suisse allemand au palmarès impressionnant. Outre ses nombreux titres nationaux, notamment en Surprise, et ses victoires sur les 5 Jours du Léman, il s’est illustré sur différents supports au niveau européen et mondial. Il est surtout, à ce jour, numéro 1 mondial de Match Race au classement World Sailing. Quant au Bol d’Or Mirabaud, il s’y est également imposé. Il a remporté deux fois le classement général à bord du Décision 35 Okalys, et une fois le classement Surprise, ainsi que plusieurs podiums et TOP 10 dans différentes classes. 

    « Je crois que la victoire dont je suis le plus fier est celle en Surprise, elle est vraiment difficile à décrocher », confie le navigateur de 44 ans. « Je l’ai fait de nombreuses fois dans cette classe, bien placé, mais sans jamais réussir à gagner. On jouait « gagne petit », comme lors des régates bananes où l’objectif est de perdre le moins possible. Au BOM, c’est différent. En plus de naviguer vite et bien, il faut jouer ses options à fond, pour que cela paie. Cette année là, nous avons coiffé le leader entre la bouée d’entrée et la ligne d’arrivée, c’était une belle surprise!»

    « Mon meilleur souvenir du BOM reste cependant la première victoire avec le Décision 35 Okalys, en 2015. Remporter la victoire au scratch, c’est quand même incroyable! Le Bol d’Or Mirabaud est une régate particulière. Tout d’abord pour son côté populaire, je me souviens avoir croisé sur la ligne de départ mon oncle, par hasard, sur son voilier. Cela n'arrive qu'au BOM ! Elle est également spéciale pour ce qui se passe la nuit. Il est difficile de voir les bateaux que l’on dépasse, on les confond souvent avec des lumières à quai. On remarque surtout ceux qui nous dépassent, ce qui peut être très frustrant… Il faut être fort mentalement ! »

    Eric navigue maintenant sur un prototype volant à la pointe de la technologie. « Mon objectif en 2021 est clair : pouvoir gagner en monocoque avec notre Monofoil Gonet. Il y aura plus de concurrence, avec des bateaux semblables au notre, mais nous allons travailler dur pour atteindre cet objectif (qui est un rêve!) 

    - Bateaux -  

    A la pointe de la technologie avec le TF35

    Nous vous proposons de découvrir (ou redécouvrir) dans chaque Newsletter un bateau spécifique du lac Léman. Après ces articles historiques, c’est sur la pointe de la technologie que nous ciblons notre attention aujourd’hui : le TF35.

    Le nouveau foiler poursuit la belle histoire des Décision 35, surnommés les Formule 1 du Léman depuis leur conception en 2004. « Le TF35 sera une bête de course. L'enjeu est de construire, comme à l'époque avec le D35, ce qui se fait de mieux. » confiait Ernesto Bertarelli en 2018.   Le voilier a été conçu avec les dernières technologies de foiling, à la fois pour améliorer les performances et simplifier le foiling à grande vitesse tout en facilitant la navigation et la stabilité de vol. Avec ses foils en T, il peut voler dès 9 noeuds au près (atteignant jusqu’à deux fois la vitesse du vent) et dès 7 noeuds au portant (atteignant jusqu’à trois fois la vitesse du vent). Construit chez Multiplast en Bretagne, le voilier volant a déjà impressionné, notamment par sa stabilité, lors des premières navigations. Le championnat TF35 Trophy avait prévu de réunir huit bateaux lors de quatre à six étapes cette année. Il est forcément en pause, comme nous confie son série master Bertrand Favre.

    « Les bateaux sont en train d’être montés, gentiment mais sûrement. Les chantiers et les importations ont été mis à l’arrêt pendant la pandémie. Nous devrions disposer de la flotte au complet fin juin, si les conditions sanitaires le permettent. Avec six navigateurs à bord, nous ne pouvons pas naviguer pour l’instant, Swiss Sailing limitant actuellement le nombre d'équipiers à cinq personnes. L’objectif initial est de terminer les bateaux, et de pouvoir nous entraîner. Nous déciderons prochainement si la deuxième partie de saison se maintient, selon l’évolution de la situation. Il était prévu de courir la première partie de saison du TF35 Trophy en Suisse et la deuxième à l’étranger. Vu la situation, nous devrions rester sur le Léman pour la deuxième partie de saison. Le format de ces régates / rencontres sera décidé début juillet, mais les équipes annoncées sont dores et déjà confirmées. »

    - Vainqueurs 2019 -  

    Bernhard Kraus, Chaos - Vainqueur TCF4

    A défaut de vous présenter les vainqueurs de la 82ème édition, nous allons profiter de cette Newsletter pour vous faire découvrir les vainqueurs de classe de l'édition 2019. Après avoir donné la parole aux vainqueurs de la classe Surprise et du Temps Compensé dans les précédentes Newsletters, nous vous présentons aujourd'hui Bernhard Kraus, vainqueur en TCF4 sur Chaos, un Dehler SprintaSport, un « vieux » bateau d’une trentaine d’années. Kraus et son équipage ont fait le déplacement depuis le Forggensee, en Allemagne, pour la troisième fois. Pour une très belle raison : fêter les 80 ans de son père ! Une histoire de famille, puisqu’il naviguait avec sa femme, son père et un ami proche. 

     
    « Après une troisième place et un top 10 lors de nos deux premières participations, c’était magnifique de gagner l’an dernier », se réjouit Bernhard. « Surtout dans ces conditions mémorables ! Nous disputons souvent des longues régates sur le Lac de Garde et le Lac de Constance, mais n’avions encore jamais rencontré de telles conditions: c’est l’orage le plus violent que j’aie jamais vécu. Fort heureusement, nous l’avons affronté au vent arrière et nous étions au milieu du Grand Lac. Nous l’avons vu venir au loin, et avons donc directement affalé le spi. Puis nous sommes allés tout droit pendant deux heures. Objectif : rester loin des côtes et des autres bateaux. Le concurrent principal de ce BOM 19 finalement, c’était nous-mêmes ! Il s’agissait de gérer au mieux l’orage. Cela restera un souvenir inoubliable pour moi, et le plus beau cadeau d’anniversaire dont mon père aurait pu rêver. » 

    - Partenaires -

    La famille du BOM grandit 

    Le Bol d’Or Mirabaud est heureux de vous présenter ses nouveaux partenaires, qui rejoignent l'aventure en 2020 et ont confirmé leur soutien pour la prochaine édition, en 2021.

    Conjuguant excellence académique et encadrement bienveillant, l’Institut Florimont œuvre depuis 1905 à la formation de l’esprit critique de ses élèves suisses, français et internationaux. Cet établissement offre une éducation appuyée sur de fortes valeurs, telles que l'excellence, la différenciation, l'engagement dans la communauté et la solidarité.
     
    Avec son spa sur le toit, son restaurant gastronomique étoilé au Michelin, ses chambres conçues par Pierre-Yves Rochon et sa vue sur le lac et les Alpes, le Four Seasons Hotel des Bergues Geneva allie un sens de l'histoire revitalisé à un service personnalisé, chaleureux et authentique, au cœur même de la ville.

    Facchinetti est un nom familial, mais c’est aussi une histoire. Deuxième plus grand concessionnaire des marques BMW, MINI et BMW Motorrad en Suisse Romande, le groupe propose aujourd’hui des produits et services dans la vente et l’après-vente de voitures et motos neuves et d'occasion, ainsi que dans la carrosserie.

    Glisser sur la neige, sentir le mouvement des vagues et l’air pur de la nature, se griser de la vitesse : Just for Smiles est une Fondation d’utilité publique qui offre de l’émotion et de la liberté sous la forme d’activités de plein air à des enfants, adolescents et jeunes adultes atteints dans leur mobilité.

    Ça se passe sur les réseaux sociaux

    Au BOM, nous savons que le temps de cette saison singulière peut être mis à profit ! Alors oui on a décidé de garder le cap, malgré tout ! C'est un moment unique pour parfaire notre technique, maîtriser le jargon d'un vieux loup du lac....prendre le temps de s'entraîner différemment. 

    Pour remplir cet objectif ambitieux, nous vous proposons des simulations, des quiz, des challenges et de nombreuses surprises. Certains d'entre vous sont déjà très à l'aise avec la série des Mots du BOM et son premier vocable : Enfourner... D'autres ont choisi de s'essayer au #BOMSailingathome. 

    Vous en êtes ? Alors suivez-nous !   

    © 4AM

Dernières actualités DU Bol D'OR Mirabaud

Top