Publié le 03.06.2016

Mon père, ce héros !

  • Quatre participants au Bol d’Or Mirabaud racontent leur passion partagée entre pères et fils pour la voile et le BOM.

    A l’occasion de la fête des pères, le Bol d’Or Mirabaud rend hommage à tous ces pères qui transmettent leur passion pour la voile aux générations futures et forment la relève des passionnés du BOM.

    Le Bol d’Or Mirabaud partage les anecdotes de quatre marins, Nicolas Fuchs, Aurélien Quiri, Gilbert Poujoulat, ainsi que Henri Blanchot et les remercie vivement d’avoir partagé avec nous leurs expériences en tant que participants au Bol d’Or Mirabaud en binôme père-fils .

    Une aventure partagée
    La famille Fuchs, Roger le père et Nicolas le fils, ont déjà vécu ensemble une dizaine de Bol d’Or Mirabaud. Cette passion pour la voile a été initiée par Roger au travers de ses différents bateaux. Nicolas nous dévoile entre autre « qu’après une pause de 10 ans, j’ai relancé mon père pour revivre notre passion commune, nous avons acheté un bateau, puis un autre et pour finir, j’ai acheté le mien, et depuis, nous naviguons tous les deux sur nos bateaux, et parfois ensemble. Souvent on se retrouve même dans le même port l’été pour les vacances, ou à l’occasion du BOM. »

    Ils participent cette année sur le bateau de Nicolas: LongVent40, TCF4, fabriqué en Suisse. Leur objectif sera d’arriver dans les dix premiers de leur catégorie en se basant sur les résultats des années précédentes (10ème en 2014, 12ème en 2015).

    Un souvenir commun marquant
    « BOM 2014, lors de la grosse bise, ça faisait longtemps qu’il (Roger) cherchait les conditions idéales pour faire le tour rapidement. Il essayait déjà avec son premier bateau il y a 25 ans, il cherchait la fenêtre et le temps pour le faire (entre travail et famille). Et là j’ai pu lui offrir cette aventure sur mon bateau, à faire son tour rapide en course. Et avec mon fils. (les trois). Je l’ai vu heureux de participer. Il était en pleine forme et rajeuni de 20 ans. »

    Un trio intense
    Aurélien, Gilbert et Robert Quiri voguent à travers le Léman et les générations. Fils, père et grand-père partagent une passion, la voile, nous raconte Aurélien: « Le passion s’est transmise grâce à mon grand père, qui a initié son fils ( mon père ). Mon grand père était dans l'aéronavale, à la même époque que Tabarly. Quand à moi, j'ai fait mes premiers bords en optimist au centre de la France sur le Lac de Séchemailles, guidé depuis le bord par mon père à l'aide d'un talkie-walkie. C'était rigoureux ! ».
    Une passion transmise entre générations implique également quelques souvenirs d’exceptions et Aurélien Quiri qui nous confie « sans vouloir vous flatter, l’un de mes meilleurs souvenirs en voile fut le BOM 2014, sur un BLU26 mis à notre disposition par la SNG. Nous avons viré au Bouveret en tête de notre catégorie, avant d'essuyer un grain faisant casser la girouette ! 3 générations, sur un même bateau, dans une régate d’exception. »

    La devise de la famille ?
    « Savoir être fin dans les réglages, mais aussi prudent … »


    Une régate, un bateau, une passion familiale
    Pour sa 58e participation au BOM Gilbert Poujoulat est définitivement l’un des plus chevronnés de la compétition. 

    Gilbert nous avoue avoir participé à beaucoup de Bol d’Or sur le lacustre «MAURABLIA» appartenant à son père… «  puis j’ai enchaîné avec mon propre bateau, un Luthi 28 - MAURABLIA - . L'histoire du Bol d'Or Mirabaud et du MAURABLIA sont intimement liés depuis plus de 64 ans, une véritable histoire d’amour ! » nous dit-il.

    Quel conseil donneriez-vous à un débutant compte tenu de votre expérience ?
    « Il s'agit d'un Marathon et pour un 1er Bol d'Or Mirabaud, l'esprit d'équipe et l'entraide doivent primer sur la performance ».    

    Traverser la France pour participer au BOM
    Henri Blanchot (le père) et Pierre Blanchot (le fils) ont participé au Bol d’Or Mirabaud 3 fois « une fois pour moi en 2014 sur mon propre voilier un MACH 6.50 », dit Henri « et deux fois pour mon fils, en 2014 avec moi et en 2015 sur le même type de bateau ».

    Une passion que Henri à transmis à son fils depuis son plus jeune âge « Je navigue depuis mon plus jeune âge sur tout type de voiliers, que ce soit en promenade, ou en régates hauturières ou autour de bouées. J’ai entraîné mon fils Pierre à naviguer avec moi dès son plus jeune âge lui aussi, sachant que ni lui ni moi n’avons fait d’école de voile ». Une passion qui les a mené à de très grands voyages et défis : « Je suis passionné. Mon fils est devenu à son tour passionné à tel point qu’il a traversé l’Atlantique fin 2015 sur un voilier accompagnateur de la Mini Transat 6.5 entre la France et la Guadeloupe ».
     
    Quel est votre meilleur souvenir commun ?
    « Simplement le fait de naviguer ensemble, avec tous les déplacements que cela nécessite. Partir de Bordeaux vers la Méditerranée, vers la Bretagne, vers la Suisse, etc. Nous sommes des compétiteurs amateurs passionnés. Loin de nous l’idée de devenir des champions locaux ou nationaux. Le plaisir de naviguer et de régater ».

    Henri et Pierre nous racontent leur participation au Bol d’Or Mirabaud 2014: 10H30 de voiture à l’aller, 10H30 de régate et 10H30 de voiture au retour, « mais quel bonheur » dit Henri.

    « En 2014, départ de Bordeaux le vendredi matin tôt avec le bateau sur sa remorque. Autoroute toute la journée pour traverser la France d’Ouest en Est jusqu’à Genève. Arrivée à Genève en fin de journée. Découverte du club nautique et du port. Mâtage et grutage en fin de journée. Repos chez des amis à Genève. Lever tôt le samedi matin pour approvisionnement. Nous sommes quasiment les derniers à quitter le port pour aller sur la ligne de départ tant il y avait de bateaux dans le port. D’abord la vision du Lac et ensuite la multitude de voilier. Très impressionnant.
    Trouver la ligne de départ parmi tous ces voiliers prêts à en découdre. C’est là que l’on prend conscience de la valeur et de l’importance de cette épreuve. Faire son trou sur la ligne de départ alors que nous sommes parmi les plus petits voiliers et qu’il ne faut pas nous faire " couvrir " par des plus gros. Au top départ, gérer les priorités et louvoyer vers la sortie du petit Lac
    .

    Au-delà, rester concentrés sur nos trajectoires et nos manœuvres à la découverte de l’étendue d’eau entre les montages. Il est très grand le Lac. Vers le Bouveret, le vent est monté, dépassant largement les 20 nœuds, et creusant la mer. Nous virons le Bouveret environ vers 17H15 ou 30 en quelques minutes par rapport à nos concurrents directs (d’autres MACH 6.50 venus de Bretagne) après plus de 7H00 de course sans s’être vus sur le lac pendant la journée.

    Et là, c’est le retour au portant vers Genève, l’allure la plus favorable de notre voilier. Des pointes de vitesse jusqu’à 23 nœuds, et des plantés mémorables dans les vagues hautes et courtes sous un ciel chargé et des couleurs merveilleuses.

    A savoir qu’au-delà de 23 nœuds de vent réel, nous ne devons pas naviguer sur nos machines car elles sont trop puissantes. Mais là, nous étions au Bouveret et il fallait bien que l’on rentre à Genève sans possibilité de réduire la voilure. Alors autant y aller, et pourquoi pas sous spi.

    Des surfs incroyables pour nous en eau douce, nous qui naviguons toujours en eau salée. Des empannages périlleux pour suivre les meilleures trajectoires. Et enfin la ligne d’arrivée après environ trois heures de surfs et de portant sans encombres.

    Bien sûr, il fallait un planté final. A quelques mètres de la ligne d’arrivée vers 20H30, un dernier empannage sous une bouffe de vent, et nous nous sommes couchés à l’horizontale le spi dans l’eau. Nous redressons en quelques minutes et passons la ligne. Nous avons viré le Bouveret en 177ème position et terminé à Genève en 66ème position après une journée de voile fantastique.

    Nous sommes rentrés un peu fatigués à la tombée de la nuit dans le port encore quasiment vide, ne comprenant pas où étaient les autres bateaux. C’est là que l’on nous a dit que nous étions les premiers en temps réel dans notre catégorie TFC3. Surprise. Nous apprendrons plus tard que nous étions aussi 1er en temps compensé dans notre catégorie et 4ème toutes classes. Nos concurrents directs et amis terminant juste derrière nous en 2ème et 3ème positions à 4 et 6 minutes après 10H30 de course.

    Dîner au club nautique, bonne ambiance, et une bonne nuit réparatrice. Dimanche à démâter, gruter et ranger le bateau + le podium avec nos deux camarades MACH 6.50, puis retour vers Bordeaux le lundi toute la journée. Au finish, c’est 10H30 de voiture à l’aller, 10H30 de régate et 10H30 de voiture au retour. Mais quel bonheur.

    Mon fils, en 2015, sur le même type de bateau aura mis 23H30 avec un vent très faible 
    ».
     
    En 2016, Pierre et Henri, se préparent à participer à nouveau au Bol d’Or Mirabaud “Préparation en travaillant au bureau à Bordeaux jusqu’au dernier moment, pour encore 10H30 de route vendredi prochain 09 Juin, avec le même voilier Machsimus, mon MACH 6.50”.

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